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16.7.10

Idée reçue numéro 4

Un "raisonnement" très stupide que vous servent souvent les collectivistes, je le rencontre presque aussi fréquemment que le baratin devenu presque chaine de lettres (pleins de blogs de bas niveau le reprennent), évoqué dans l'idée reçue numéro 3, à propos de nos méchants-gouvernants-qui-font-tout-pour-couler-la-Sécu (que le monde nous envie).
Accrochez-vous un peu, voici la chose :
Personne ne choisit d'être malade.
Donc il faut une Sécurité sociale pour tous.
Et ça veut dire quoi ? que c'est gratuit pour tout le monde ? Mais alors qui paye ? C'est le genre d'assertion collectiviste vague du même tonneau que "la Sécu nous appartient" (l'imbécile qui dit cela oublie que c'est surtout à lui qu'il "appartient" de payer pour perpétuer l'illusion collectiviste).

Bel exemple de sophisme "non sequitur", mais la vie du collectiviste en est abondamment remplie. Ne croyez pas que cela vienne de personnes très bêtes sorties fraiches et moulues de l'EducNat franchouillarde zombifiante. Voyez monsieur Jorion qui nous explique que la décadence vient de l'individualisme, et cite le prétotalitaire Hegel, qui défend contre les individus "l’existence de l’État comme entité supérieure par rapport à laquelle leur vie s’organise dans un cadre plus large que celui de leurs préoccupations immédiates". Autre sophisme "non sequitur" réfuté en son temps par Nietzsche ! Je cite ce dernier : L'État, c'est le plus froid de tous les monstres froids : il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche: "Moi, l'État, je suis le Peuple." Car c'est l'Etat, à la fois irrationnel et démesurément puissant (surtout depuis qu'il est devenu Etat-providence), qui incarne la décadence, et non pas l'intérêt particulier. L'empire romain avant sa chute, c'était cela, un Etat-providence (et un enfer fiscal, car l'un ne va pas sans l'autre). Finalement, Bastiat est un optimiste quand il se contente de dire "L'État, c'est la grande fiction...", car il y a des fictions inoffensives !

Quelques variations sur le modèle : personne ne choisit de ..., donc il faut ...

Personne ne choisit d'être pauvre. Donc il faut ponctionner à mon profit ceux qui sont moins pauvres que moi. (Et que fera-t-on s'ils deviennent plus pauvres que moi ? Instaurer un "pauvre de service" comme Jesse James dans Lucky Luke ?)

Personne ne choisit d'être moche. Donc il faut... ? Mettre une taxe sur les beaux ? Les défigurer à vie pour combattre les inégalités que la Nature instaure ?

Personne ne choisit d'être bête. Donc il faut... ? Sur le coup je n'ai pas d'idée. Mais peut-être suis-je bête, et peut-être l'Etat va-t-il trouver une solution à ma place ? Ah, que ferait-on sans lui !

3.11.09

Idée reçue numéro 3 : le déficit de la Sécu est bidon, le Trou de la Sécu n'existe pas !

Pour consulter toutes les idées reçues, suivre le tag idée reçue.

Il y a un message idiot qui circule partout depuis longtemps déjà et qui tend à faire croire que le déficit de la Sécu est organisé par les pouvoirs en place. Certes, le pouvoir, qu'il soit de droite ou de gauche, est fécond en actions nocives et en déchets toxiques, mais pour une fois on ne peut l'incriminer, il n'est ici coupable que de l'habituel laisser-aller démagogique (la politique du chien crevé au fil de l'eau dénoncée déjà par André Tardieu en 1921).

Des dizaines et des dizaines de blogs relaient cette idiotie (sans même réactualiser les chiffres faux, comme les "11 milliards de trou" qui ont bien grossi ces derniers temps). Je cite le principal morceau de cette légende urbaine :
Savez-vous que :
A. Une partie des taxes sur le tabac, destinée à la Sécu n'est pas reversée : 7,8 milliards
B. Une partie des taxes sur l'alcool, destinée à la Sécu n'est pas reversée : 3,5 milliards
C. Une partie des primes d'assurances automobiles destinée à la Sécu n'est pas reversée : 1,6 milliards
D. La taxe sur les industries polluantes destinée à la Sécu n'est pas reversée : 1,2 milliards
E. La part de TVA destinée à la Sécu n'est pas reversée : 2 milliards
F. Retard de paiement à la Sécu pour les contrats aidés - 2,1 milliards
G. Retard de paiement par les entreprises - 1,9 milliards.

En faisant une bête addition, on arrive au chiffre de 20 milliards d'Euro.

Conclusion, si les responsables de la Sécu et nos gouvernants avaient fait leur boulot efficacement et surtout honnêtement, les prétendus 11 milliards de trou seraient aujourd'hui 9 milliards d'excédent.
Les gens ont l'air de croire que si la SS est en déficit c'est seulement parce que le gouvernement ne veut pas faire son travail correctement ! Mais comme dirait l'autre : inutile de chercher de la malice là où la bêtise, la paresse et l'inertie suffisent à tout expliquer. On sait que l'explication du déficit c'est, d'une part, la façon dont la SS a été construite (elle suppose des ressources infinies pour instaurer le communisme du "à chacun selon ses besoins") et d'autre part la dette publique comme "part de l'Identité Nationale" (vive le Grand Emprunt Identitaire)...

Car ça n'a pas de sens de parler de "taxes destinées à la Sécu". D'abord, toutes les taxes vont dans un pot commun avant d'être réparties : fiscalement, il n'y a pas d'affectation des ressources aux dépenses. De plus, par construction, la Sécu n'est pas alimentée par des taxes, mais par des cotisations (même la CSG n'est pas un impôt mais une cotisation sociale). La Sécu s'est voulue (pour le meilleur et pour le pire) une organisation parallèle à l'Etat, les syndicats y veillant aussi jalousement que l'avare veille sur sa poule aux oeufs d'or... (poule aujourd'hui bien déplumée, les rapaces n'ayant laissé qu'un immense Trou béant et quelques plumes).

Il y a un soupçon de vérité cependant, dans le sens où le financement de la SS est complètement absurde, discriminatoire et confiscatoire. Certains (gros salaires, indépendants) doivent payer un maximum, alors que d'autres ont un traitement de faveur (professions médicales "conventionnées") ou sont quasiment exonérés (fonctionnaires).

Prochaine idée reçue n°4, qui promet une belle rigolade, mais devrait donner lieu à une bonne démonstration de l'application des principes libertariens : "la Sécu nous appartient".

29.6.09

L'imposture des "conquêtes sociales"

Rediffusion du billet du 09/02/2008.

A faire lire à tous les gogos de gauche et à tous les ultraconservateurs soviétiques de droite...

En 1945, un gouvernement non élu, dont les membres sont, d'un côté, des démocrates sociaux ou des démocrates-chrétiens, et, de l'autre, des communistes, parvient à imposer au peuple certaines ordonnances [les ordonnances d'octobre 1945 qui créent la SS].

En 1946, la Sécurité sociale réunit les suffrages d'opinions par ailleurs diamétralement opposées, à savoir, d'un côté, les susdits "démocrates", chrétiens ou sociaux, et de l'autre les communistes. Les thèses de la protection contre "l'inhumanité du droit", les "abus de pouvoir des capitalistes", contre "les échecs du marché", et l'argument du caractère "injuste" ou "inefficace" des activités de protection ciblées sur les risques sociaux, toutes ces rationalisations, intenables, à peine formulées, et par des rivaux politiques de surcroît, conspirent pour imposer une masse jamais vue d'obligations légales à des individus discriminés et dépouillés pour une part substantielle et croissante du fruit de leur effort.

Tout ce monde-là se met d'accord pour dépouiller le salarié, pour le priver de sa liberté, à condition qu'on lui présente la chose comme un "cadeau" arraché au patron : c'est ce qu'on appelle une "conquête sociale" (...) : conquête que la caste exploiteuse au pouvoir fait sur la société. Il est tout à fait légitime que Laroque
[le "père" de la sinistre SS] voie les choses comme une "conquête" de son point de vue, puisque cette caste exploiteuse, il en fait éminemment partie. Les procédés d'illusion fiscale mis en œuvre ici sont :
  • la violence indirecte : les prétendues "cotisations sociales" sont en fait volées au salarié, mais dans le bureau du patron. Et certains salariés d'applaudir ce vol, dont ils ne savent pas que ce sont eux les victimes. Bien fait pour eux !
  • la violence masquée : le voleur de l'état se cache derrière le patron. Si l'employé se plaint d'être mal payé, il accusera le patron d'être l'exploiteur, alors que sans les taxes [charges dites "sociales"] que l'état impose sur les salaires, l'employé gagnerait presque deux fois plus.
  • la discrimination ostensible et corruptrice, qui fait mine de s'en prendre à une minorité (réputée riche, de préférence) et cherche à faire des autres les complices de cette injustice en leur donnant à penser qu'ils en profitent, pour les désarmer moralement.
  • l'amalgame entre le service authentique (l'assurance) et le vol (l'impôt-subvention), dans des conditions (le monopole) qui empêchent les entrepreneurs honnêtes de faire la preuve qu'on n'a pas du tout besoin du vol pour que le service soit fourni. La sécurité sociale en est un exemple parfait, la plupart des gens s'imaginant obtenir de la redistribution politique socialiste les services qu'ils doivent en fait à une forme dégradée d'assurance mutuelle.
Extrait de La Sécurité sociale et comment s'en sortir, de Georges Lane, pages 201, 202.

Comment appelle-t-on un prétendu service public qui vit essentiellement d'argent volé ? Un monopole communiste (le livre rappelle que le terme est de Gustave de Molinari - "De la production de la sécurité", 1849).

5.7.07

La légende rose de la Sécurité sociale française, sur Agoravox

Ma petite étude est à présent sur Agoravox : la légende rose de la SS.

Les commentaires sont plutôt favorables, alors qu'il y a quelques années seulement on aurait eu droit aux cris d'orfraie de gauche comme de droite. L'opinion évoluerait-elle enfin ?

12.6.07

La légende rose de la Sécurité sociale française (seconde partie)

Suite de la première partie.

La légende rose de la Sécurité sociale française.

Mythe 8 : les taux de remboursement de la Sécurité sociale sont excellents.

La réalité : ils sont parmi les plus bas d’Europe.

Il est notoire que l’optique et les soins dentaires sont très mal remboursés (quelques euros pour les lunettes ou les lentilles). Le taux de remboursement moyen des médicaments est un des plus bas d’Europe : 54%, contre 65% en Italie, 71% en Suède, et 90% au Royaume-Uni. Il en est de même pour les soins médicaux et les soins hospitaliers[1].

L’impact est d’autant plus important que les dépenses de santé représentent en France 9,5% du PIB, en tête des pays européens (avec l’Allemagne). On est bien loin de l’ambition d’origine de la SS qui était de rembourser les frais médicaux à 80%. Un des arguments de défense de la SS est que le progrès technique (médical) entraînerait une augmentation des coûts, contre-vérité manifeste.

Mythe 9 : l’employeur paye une partie des cotisations sociales, ce qui est un avantage appréciable pour le salarié.

La réalité : les cotisations sociales, tant salariales que patronales, font partie du salaire.

Les cotisations sociales sont séparées fictivement en cotisations salariales et cotisations patronales. En réalité, les cotisations patronales n’appartiennent pas au patron, elles font partie des avantages et appartiennent donc au salarié. C’est un point confirmé par la législation européenne, qui définit une rémunération comme étant « le salaire ou traitement ordinaire de base ou minimum, et tous autres avantages payés directement ou indirectement, en espèces ou en nature, par l'employeur au travailleur en raison de l'emploi de ce dernier. » (point 2 de l’article 141, ex article 119, du traité d’Amsterdam).

Le salarié serait largement gagnant à toucher son salaire complet et à s’assurer librement par lui-même. Le fait que ce soit le patron (en fait la SS) qui décide à sa place ressortit d’un paternalisme digne du XIXe siècle (« si on les laisse libres, ils ne s’assureront pas », « si on leur donne leur salaire complet, ils vont aller tout dépenser au bistrot »). Etonnamment, on estime que le salarié est assez responsable pour aller voter et décider ainsi de l’avenir de son pays, mais pas pour adhérer de lui-même à une assurance !

Mythe 10 : le fameux « trou » de la Sécurité sociale est un faux problème : il existe depuis des décennies et on ne s’en porte pas plus mal.

La réalité : le choix politique a été de vivre à crédit en reportant sur les générations futures la charge du remboursement des déficits (car le trou correspond à une dette auprès de créanciers français et internationaux qu’il faudra bien rembourser).

Dès 1952, la Cour des Comptes fustige (dans un rapport secret) la « dérive des dépenses maladies ». L’assurance maladie française, c’est 21 réformes (toutes inefficaces), une dette gérée par la CADES de plus de 100 milliards d’€, des déficits de plusieurs milliards d’€ chaque année (par exemple 16 milliards en 2005, et en 2007 on espère « seulement » 8 milliards).

La Sécurité sociale vit sur le mythe que les ressources collectives sont illimitées. Le « trou » (qui est géré par une mécanique élaborée de « blanchiment de la dette »[2]) ne se transforme pas pour le moment en gouffre irréversible tant que les créanciers gardent un minimum de confiance. Des pays moins lourdement endettés que la France ont souvent été sévèrement sanctionnés (voir le cas de l’Argentine en 2001).

Mythe 11 : il est plus économique d’avoir en France une caisse unique plutôt que de multiples assurances privées. Il y a des économies d’échelle, il n’y a pas de frais de publicité, pas d’impôt, etc.

La réalité : monopole ne signifie pas économie ! Pourquoi l’assurance maladie de la SS est-elle plus chère qu’une assurance santé privée ?

Une caisse unique à adhésion forcée présente tous les inconvénients du monopole : inefficacité, prix excessifs faute de concurrence, files d’attente, irresponsabilité, etc.

Ses coûts de gestion (les chiffres fournis varient entre 3% et 8%) contre 15% pour le privé. ne tiennent pas compte, outre tous les inconvénients intrinsèques du monopole, des gaspillages, de la désorganisation, des effectifs pléthoriques, des détournements (tous les mois la presse sort des affaires de fraude portant parfois sur des dizaines de millions d’€).

Un petit pourcentage d’une somme colossale reste une somme colossale. Ce ne sont pas les frais de gestion qui importent, mais bien ce que l’ensemble du dispositif coûte à chacun et lui rapporte. Et là, les chiffres sont éloquents.

Mythe 12 : en matière d’assurance maladie, il n’existe pas d’offre alternative à celle de la Sécurité sociale.

La réalité : ne pas confondre monopole de droit et monopole de fait !

De même qu’avant la SS existaient des « sociétés de secours mutuel » et des assurances sociales, il existe aujourd’hui des mutuelles et des assurances privées qui font de l’assurance santé. Le monopole forcé n’est en rien un monopole « naturel ».

Mythe 13 : la Sécurité sociale doit être considérée simplement comme une assurance.

La réalité : elle en a le nom, elle y ressemble, mais ce n’en est pas une !

La Sécurité sociale assurance maladie n’est pas une assurance, car elle ignore volontairement le risque, et ceci dès l’origine (1945), ce qui rend impossible la mutualisation des risques qui est le fait de l’assurance (la distinction entre l’assurance maladie et l’assurance vieillesse n’est intervenue qu’en 1967 !). Avec la Sécurité sociale assurance maladie, il n’y a pas de prime (mais des prélèvements proportionnels au revenu, qui s’apparentent davantage à un impôt, il n’y a aucun rapport entre ce qu’on verse et ce qu’on reçoit), ni de contrat (c’est un arbitraire complet qui règne, au bon vouloir des fonctionnaires et des gestionnaires). Faute de prime et de contrat, on ne peut pas parler d’assurance.

Ce n’est pas qu’une question de définition ou de technique, on a là la raison profonde qui fait que la Sécurité sociale ne peut remplir son rôle (prétendu) d’assurance sociale. Elle se limite à être un système idéologique de redistribution. En général, les discussions autour de la Sécurité sociale ne se placent pas longtemps sur le terrain économique, assurantiel ou médical, elles tournent très vite à l’idéologie : pour ses adeptes, la Sécurité sociale est justifiée non parce qu’elle serait efficace, mais parce qu’elle est égalitaire.

Mythe 14 : la Sécurité sociale est indispensable, car les assurances privées ne peuvent pas prendre en charge les maladies graves, les patients âgés, l'hospitalisation, etc., elles ne peuvent assurer que les personnes sans risques majeurs. La santé est un domaine par nature non rentable.

La réalité : les assurances privées remboursent frais médicaux, hospitalisation, etc., à 100% des frais réels. Pour l'hospitalisation, il peut y avoir un plafond (par exemple 1500000€ par an chez un assureur tel que le danois IHI, ce qui fait que même avec des soins intensifs à 2000€/jour on est pris en charge).

Comme son nom l’indique, l’assurance maladie est d’abord une question d’assurance, une technique qui est maîtrisée depuis longtemps, alors que la Sécurité sociale ne fait pas de l’assurance, mais de la redistribution aveugle.

L’existence d’assurances privées plus efficaces et moins coûteuses démontre que la santé est un domaine rentable. Les opposants au système privé souhaitent en réalité condamner le profit pour perpétuer un système redistributif.



[1] Voir dossier Ifrap « La santé malade » : http://www.ifrap.org/Sante/Sante-malade.htm

[2] Voir « les circuits du blanchiment » : http://quitter_la_secu.blogspot.com/2004/07/les-circuits-du-blanchiment.html

7.6.07

La légende rose de la Sécurité sociale française (première partie)

Petite étude que j'ai réalisée à la demande d'Alternative Libérale. A utiliser librement et sans modération par qui que ce soit que cela intéresse.

La légende rose de la Sécurité sociale française.

Les Français sont persuadés d’avoir le meilleur modèle social au monde. C’est une véritable « légende rose » qui s’est construite autour de la Sécurité sociale française, et particulièrement autour de l’assurance maladie, ce système « que le monde entier nous envie », paraît-il. Cette légende est même exportée à l’étranger, et trouve des thuriféraires parmi des activistes de gauche américains tels que Michael Moore, qui citent en exemple les systèmes européens (particulièrement le système français) pour mieux critiquer celui de leur propre pays.

Cependant, quand on examine de près les mythes sur lesquels repose la légende de la Sécurité sociale française, on trouve une réalité bien moins reluisante…


Mythe 1 : la Sécurité sociale est un acquis social plébiscité par tous les Français.


La réalité : instaurée de façon autoritaire en octobre 1945 sous l’influence du parti communiste et des syndicats, destinée à remplacer les assurances sociales privées qui existaient auparavant (dont un certain nombre seront nationalisées), étendue progressivement à presque toute la population, elle n’a jamais été confirmée par le suffrage universel. Ce n’est donc en rien un « acquis social », et elle n’a jamais été plébiscitée par quiconque.


On peut parler en ce qui concerne la Sécurité sociale de « coup d’état », car les ordonnances de 1945 relèvent du non-droit (en mai 1946, la proposition de Constitution de la IVe République est rejetée par référendum ; il y a un « trou » constitutionnel sur la période 1945 - 1946). Un précédent avait été créé en 1941, par le régime de Pétain, qui détourne alors les provisions des assurances sociales vieillesse pour les donner aux "vieux travailleurs" : c'est l'origine des retraites par répartition, autre problème critique aujourd’hui.


Mythe 2 : la Sécurité sociale, c’est l’Etat.

La réalité : l’organisation de la Sécurité sociale est par construction indépendante de l’Etat. Le code de la Sécurité sociale est juxtaposé à la Constitution. Les Caisses, l’URSSAF sont de droit privé (comme des mutuelles qu’elles sont en réalité), avec mission de « service public ».


Il n’y a pas en France d’assurance maladie étatique comme dans certains pays. Une assurance maladie étatique aurait au moins l’avantage de fournir une couverture minimale dont les coûts seraient maîtrisés, tout en laissant par ailleurs le mutualisme et l’assurance privée se développer librement et couvrir la grande majorité des personnes.


Cependant, on peut parler d’étatisation rampante de l’assurance maladie durant ces dernières années. L'exécutif des Caisses est désigné par le gouvernement, les comptes de la Sécurité Sociale sont formatés par le Ministère avant d’être présentés au Parlement (censé exercer un contrôle), et la fixation des taux de cotisation échappe aux partenaires sociaux. L’Etat fixe le prix des médicaments, la rémunération des médecins, leur numerus clausus, décide de l’agrément des cliniques privées…

Il y a par ailleurs un grand nombre d'organismes de nature juridique différente mais dits « de sécurité sociale » : on compte plus de 1000 organismes différents (les caisses à elles seules comptant plus de 100000 employés), et même un « musée de l’assurance maladie » et un « Comité d'Histoire de la Sécurité Sociale », sans parler des « Haut Conseil pour l'Avenir de l'Assurance Maladie », « Haute autorité de santé », etc.


Mythe 3 : grâce à la Sécurité sociale, le système de santé français est un des meilleurs au monde.


La réalité : le système de santé n’a rien à voir avec la Sécurité sociale, qui n’a jamais soigné personne, et qui se contente de « gérer » des flux monétaires, en prélevant les uns et en indemnisant les autres. Le progrès technique en matière de médecine n’est pas de son fait, pas davantage la compétence du personnel médical.


Le système de santé français n'est pas le meilleur du monde (voir le scandale du sang contaminé dans les années 80[1], ou la canicule de 2003[2]), mais s'il était aussi mal en point que la branche maladie, et aussi fossilisé que l’organisation de la Sécurité sociale, on pourrait légitimement s'inquiéter. Il y a heureusement un système de santé privé plus efficace et moins coûteux que le public[3]. Les médecins (autres que ceux de l’hôpital public) ne sont pas des fonctionnaires, bien qu’ils soient de plus en plus prisonniers (volontaires) des contraintes que leur impose l’organisation de la SS (depuis 1971 le « conventionnement » les oblige à pratiquer les tarifs SS), tout comme les « assurés » assujettis.


Le système de santé français, en partie libéral, est de plus en plus menacé dans son ensemble par la SS, « assureur public », qui n’a pas d’autre moyen pour essayer de contrôler les dépenses que de limiter l’offre de soins en imposant réglementation sur réglementation (dossier médical personnel, dispositif de médecin traitant, parcours de soins, plafonds pour les dépenses de santé, ticket modérateur, CSG, CRDS, etc.). On peut d’ailleurs noter que ces contraintes ne sont pas conformes à l’ordonnance du 19 octobre 1945, qui énonçait le principe selon lequel le patient aurait le libre choix absolu du praticien, les honoraires de ce dernier étant fixés par entente directe avec le médecin.


Mythe 4 : la Sécurité sociale assurance maladie est universelle : tout le monde y a droit.


La réalité : ceux qui ne cotisent pas n’ont droit à rien.


En pratique, soit les non-cotisants ont suffisamment de moyens (diplomates, rentiers, inactifs…) et peuvent se payer une assurance privée à un prix intéressant (bien moins cher que ce que paie un assujetti à la SS) ; soit ils sont trop pauvres et peuvent bénéficier (sous certaines conditions et pour un certain temps) de la CMU (couverture maladie universelle) instaurée en 2000.


Une particularité de l’assurance maladie française est celle d’étendre sa couverture à ceux qu’on appelle les « ayants droit » du cotisant (les enfants, le conjoint), qui en bénéficient sans devoir cotiser en contrepartie (ce qui n’est pas le cas avec les assurances privées). Ce système faussement généreux fait donc payer à la collectivité les choix personnels des couples (j’ai le "droit" d'avoir des enfants, et la société "doit" s'occuper d'eux). Il explique une partie du déficit (pour un seul cotisant, il peut y avoir un grand nombre d’ayants droit).


Mythe 5 : cotiser est une façon de faire preuve de solidarité, cela permet à ceux qui n’ont pas les moyens d’être quand même couverts, grâce à la CMU.


La réalité : la CMU n’est pas prélevée sur les cotisations sociales.


Sans entrer dans une polémique sur la « solidarité obligatoire » (peut-on parler dans ce cas de la solidarité, où est l’aspect moral ?), il faut signaler que la CMU ne relève pas des cotisations sociales, mais de l’impôt. Cotiser ne vous rend donc pas « solidaire » envers les plus pauvres. La CMU, d’invention récente, est comparable aux systèmes américains Medicare et Medicaid, plus anciens.


Mythe 6 : la Sécurité sociale a permis à une large population de se soigner.


La réalité : cette affirmation est une pétition de principe qui fait fi de la réalité historique.


Historiquement, les médecins ont toujours soigné même ceux qui n’avaient pas de ressources pour payer leurs honoraires. Le serment d’Hippocrate le prévoit : « je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me les demandera ». Dans le passé, il n’y avait pas de tarif conventionné : les médecins adaptaient leurs honoraires aux moyens de leur patient, ils pratiquaient ainsi une solidarité directe au niveau le plus proche du terrain. Vous pouvez relire tout Zola, vous ne trouverez pas d’exemple d’un médecin qui ait refusé des soins à un malade sous prétexte que celui-ci ne pouvait pas payer.


Mythe 7 : la Sécurité sociale (assurance maladie) est gratuite.


La réalité : la gratuité n’a pas de prix, ou plutôt : elle coûte très cher !


Cette « gratuité » de l’assurance maladie coûte aujourd’hui plus de 13% du salaire complet (à comparer avec les 12% initiaux de 1945, pris sur le salaire complet, qui représentaient le total assurance maladie + assurance vieillesse + assurance accidents du travail). Notons que pour certaines catégories d’assurés privilégiés (fonctionnaires, salariés SNCF…) les cotisations sont plus basses.


Une assurance maladie privée offrirait les mêmes prestations pour beaucoup moins cher, même pour un smicard.


Le coût de l’assurance maladie pour un salarié (exemple pour un smicard, salaire arrondi par commodité à 1300€[4]) :


Versé par l’employeur

retenues

base

Taux

Salaire de base

1300


1300


CSG non imposable


66

1300[5]

5,10%

CSG


31

1300[6]

2,40%

CRDS


6

1300[7]

0,50%

Assurance maladie part salariale


10

1300

0,75%






Assurance maladie part patronale

166

166

1300

12,8%






Total retenues d’assurance maladie


279



Le salaire complet est autour de 2000€. La part prélevée pour l’assurance maladie en représente plus de 13%. Notez qu’on n’a pas tenu compte des cotisations d’assurance maladie complémentaire (mutuelle), versées également par l’employeur, qui augmenteraient encore le montant prélevé.


Le total des retenues dues à l’assurance maladie seule sur l’année serait de 279x12=3348€.


Or il y a des assurances santé qui coûtent 1300€ par an ! (cf la compagnie anglaise Amariz, pour des prestations équivalentes à la SS française, http://www.amariz.co.uk/fr/products.shtml).


Pour un cadre ou un travailleur indépendant qui gagnent bien leur vie, les cotisations prélevées au titre de l’assurance maladie représentent souvent de 10000 à 15000€ par an, alors qu’avec 3500€ ils pourraient avoir une assurance santé privée haut de gamme.



[1] Jusqu’en 1985, le Centre national de transfusion sanguine a sciemment distribué des produits sanguins, dont certains contaminés par le virus du sida à des hémophiles (2000 victimes contaminées).

[2] qui a surtout montré l’inefficacité de l’hôpital public : désorganisation des services, RTT, saturation des urgences…

[3] Voir « la guerre des coûts public-privé bat son plein » : http://www.ifrap.org/Sante/Enquete-guerre-des-couts.htm

[4] Smic mensuel brut en euros pour 151,67h de travail : 1254,28€ (http://www.insee.fr/fr/indicateur/smic.htm)

[5] La base est en fait un peu différente : 97% du salaire brut majoré des contributions patronales de retraite supplémentaire et de prévoyance complémentaire, puis diminué de 3% pour frais professionnels. Nous prenons un chiffre arrondi, la différence a peu d’influence sur le calcul. Voir « Taux et assiette des cotisations sociales » : http://www.net-iris.fr/indices-taux/4-taux-et-assiette-des-cotisations-sociales.php

[6] voir note 1

[7] voir note 1

24.5.07

Des articles sur la santé : économie et politique

Jean-Louis Caccomo a écrit un article la santé, c'est aussi une question d'économie que je me suis empressée d'aller contester, avec mon esprit de contradiction, pour nier la pertinence de toute "politique de santé publique". Je me cite (je sais, c'est horriblement prétentieux et impoli) :
Vous semblez déduire du fait que "les individus ne sont donc pas totalement responsables de leur capital santé" qu'il y a une "place pour une politique de la santé" ainsi que pour des institutions publiques de santé.

Cela me semble un non-sequitur. Le paysan n'est pas responsable du temps qu'il fera demain, et il ne peut rien contre un orage qui va anéantir ses récoltes. Faut-il par conséquent une politique agricole ? Un soutien de l'Etat qui viendra à son secours en cas de pépin ?

Non. C'est uniquement une question d'assurance. L'assurance est faite pour nous sécuriser face aux aléas. De la même façon, les aléas de santé contre lesquels nous ne pouvons rien peuvent être pris en charge par l'assurance. L'Etat ne fait pas autre chose qu'usurper cette mission, et il fait ça beaucoup plus mal qu'un vrai assureur. Il n'est pas davantage de la mission de l'Etat de s'occuper de santé que d'approvisionnement alimentaire ou d'habillement.

Si par "politique de la santé" vous entendez la prévention ou la prophylaxie, on n'a pas besoin non plus, de nos jours où l'information circule si vite et si bien, d'un état pour faire ça. Un ordre des médecins ou des pharmaciens suffit (ou d'autres types d'associations, voire les assureurs-santé qui, au premier chef, sont préoccupés de limiter les dépenses).

"Le comportement des autres peut nuire à ma santé (externalités négatives)", certes, mais cela ne justifie pas davantage une intervention étatique au-delà de règles évidentes qui expriment les droits de chacun à ne pas subir d'agression (les autres peuvent aussi me nuire par leur comportement au volant d'une voiture, c'est pour cela qu'il y a un code de la route, pas besoin de "politique de la route").

Peut-on à la fois justifier l'existence d'une politique de la santé et reprocher à l'Etat de faire du planisme ?
Et quel serait le contenu d'une politique de santé qui serait légitime ?

Que la santé soit une affaire publique ne signifie pas que l'Etat ait à y intervenir. L'Etat est un très mauvais assureur, comme il est un très mauvais médecin, banquier, entrepreneur, enseignant, etc.

Il se trouve que l'Etat a aujourd'hui une politique de la santé, mais ça ne veut pas dire qu'une telle politique soit nécessaire, ni qu'il soit nécessaire que ce soit l'Etat qui s'en charge, de même que l'Etat n'intervient plus dans le "commerce des grains", comme il le faisait au XVIIIe siècle.

Que l'Etat se limite à sa fonction de monopole de la force, qu'il remplit déjà très mal... ça nous fera une santé, comme on dit !
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C'est aussi pour moi l'occasion de constater l'ignorance profonde des Français. Voilà un commentateur à cet article de Jean-Louis qui n'imagine pas qu'il y ait une vie sans (ou après) la Sécu, et qui écrit : "Quelle assurance maladie privée va régler le traitement de votre enfant leucémique, la chimio onéreuse de votre cancer, vos opérations chirurgicales ?". J'imagine qu'au XVIIIe siècle les citadins ignorants devaient penser : "qui va nous fournir du pain si l'Etat ne s'occupe pas du commerce du blé ?" Et en France, il y a quelques décennies : "que va-t-on devenir si l'Etat supprime le contrôle des prix ?". C'est comme un prisonnier qui serait depuis si longtemps en prison qu'il n'imaginerait pas comment on peut vivre autrement que derrière les barreaux.

Je l'ai lu et entendu à de nombreuses reprises : énormément de gens sont persuadés qu'il est impossible de gérer la santé autrement que par l'Etat, ou plutôt par une gestion collective type SS : "vous ne vous rendez pas compte combien ça coûte" , "en fin de vie les dépenses sont ahurissantes", etc. Il ne comprennent pas que la sinistre SS n'est pas une magicienne, mais qu'elle joue (ou essaie de jouer) le rôle d'un assureur, ni plus ni moins. Et avec tous ses déficits elle a les poches moins profondes qu'un assureur, lui-même réassuré.

Georges Lane, dont je recommande le récent article "les assurances privées du risque maladie", explique avec raison :
Nos historiens oublient, cachent ou, tout simplement, ne savent pas que l'assurance est en définitive l'une des dernières grandes découvertes de l'homme, l'un des derniers grands progrès technologiques dans le domaine économique et social. Celui-ci tient à ce qu'elle combine des techniques tant juridiques qu'économiques ou mathématiques qui avaient été découvertes antérieurement et qui, comme la propriété, la responsabilité juridique, le contrat ou la prévoyance (l'épargne, financière ou non, la spéculation) avaient fait leur preuve pour accroître le domaine du certain de tout être humain. Il contribue à ce que les individus choisissent de vivre en société, sinon en toute connaissance, du moins en une ignorance réduite.

6.2.07

Idée reçue numéro 2 : "grâce à la Sécu, on n'a pas en France une médecine à deux vitesses"

Nous avons déjà évoqué l'idée reçue numéro 1 : "la Sécu c'est la solidarité" à laquelle nous avons fait le sort qu'elle méritait.

Parmi les autres idées reçues, très nombreuses, certaines sont proprement scandaleuses, et pourtant partagées par beaucoup de personnes. Par exemple celle-ci : "c'est la Sécu qui fait vivre les médecins". Un renversement des rôles proprement incroyable, mais que beaucoup de gogos acceptent ! Autant dire que c'est le chef de la Mafia qui fait vivre ceux qui sont rackettés ! Que ceux qui croient encore à cette idée reçue selon laquelle "la Sécu fait vivre les médecins" se demandent seulement ce qui se passerait s'il n'y avait plus de Sécu : croyez-vous que par conséquent il n'y aurait plus de médecins ? N'y avait-il pas de médecins avant la sinistre SS ?

Certes, on se demande parfois si les médecins ne deviennent pas des fonctionnaires, à force de pactiser avec le Moloch et de vendre leur liberté pour un plat de lentilles. Je laisse le débat ouvert...

Venons-en à l'idée reçue numéro 2 : "grâce à la Sécu, on n'a pas en France une médecine à deux vitesses". Celle-là n'est pas scandaleuse, elle est tout bonnement comique, et bonne tout juste pour ceux qui ne se sont pas encore remis du lavage de cerveau étatique made in "Education Nationale".

"Grâce à la Sécu, on n'a pas en France une médecine à deux vitesses" signifie qu'en France le riche n'est pas (ou ne serait pas) mieux traité que le moins riche. Sinon, "ce ne serait pas juste", n'est-ce pas ?

D'abord, à supposer que ce soit possible, on ne voit pas au nom de quel principe moral tout le monde devrait être traité de la même façon, c'est-à-dire, forcément, de façon médiocre, l'égalitarisme signifiant toujours un alignement vers le bas. Ou alors, il faudrait exiger que tout le monde mange pareil ("à bas les inégalités alimentaires !"), s'habille pareil ("à bas les inégalités vestimentaires !") et dispose du même revenu ("à bas les inégalités financières !"). De fil en aiguille, on aboutit à la société totalitaire dont rêvent certains, altermondialistes ou collectivistes nostalgiques. On crée l'enfer, en croyant échapper à la vie à deux vitesses.

Ensuite, cette affirmation qu'"on n'a pas en France une médecine à deux vitesses" est tout simplement fausse. En France, le riche a les moyens de se payer l'hôpital privé et les meilleurs spécialistes, conventionnés ou non. Il lui suffit de payer, soit de sa poche, soit via une assurance privée. Beaucoup de stars françaises ne partiront pas en Suisse sur les traces de Johnny, mais elles se font soigner dans ce qu'il y a de mieux en France (au hasard : l'hôpital américain de Neuilly, comme l'a fait Sardou) et elles ont bien raison !

Le véritable progrès, pour nous les progressistes (opposés aux conservateurs de droite et de gauche), ce n'est pas de prendre au riche pour donner au pauvre. C'est de compter sur la liberté pour que ce qui est réservé à un moment donné aux plus riches finisse par se banaliser et profiter aux moins riches. Et comment cela se passe-t-il ? Grâce à la conjonction de deux phénomènes : le progrès technique, et la concurrence. C'est ce à quoi on assiste depuis des décennies dans les pays développés, malgré le protectionnisme et l'étatisme. La sinistre SS n'a aucun rôle dans ce processus, si ce n'est le rôle nuisible. Prétendant empêcher la "médecine à deux vitesses", elle ne fait que couler la médecine tout court à force de réglementations et de prélèvements.

19.12.06

Idée reçue numéro 1 : "la Sécu c'est la solidarité"

C'est certainement l'idée fausse la plus répandue en France, tant sévit dans ce pays le lavage de cerveau étatique.

En quoi la Sécu est-elle plus solidaire qu'une assurance privée, qui mutualise les risques de façon bien plus efficace, avec des cotisations bien inférieures ? Le calcul montre facilement que même un smicard serait gagnant à remplacer la Sécu par une assurance privée.

En quoi la Sécu est-elle plus solidaire qu'une assurance privée ? Comme pour une assurance privée, celui qui ne cotise pas n'a aucun droit (logique, la Sécu est aussi une assurance privée, seuls les ignorants croient encore que la Sécu c'est l'Etat).

Oui mais, diront certains, pour ceux qui, trop pauvres, ne peuvent pas cotiser, il y a la CMU. Vous voyez bien que la Sécu est solidaire !

Pas de chance, la CMU est versée par l'Etat et provient de l'impôt. Ce ne sont donc pas vos cotisations d'assujetti qui l'alimentent et vous permettent ainsi de contribuer à une soi-disant "solidarité".

Oui mais la Sécu "solidaire" sera là en cas de coup dur, nous réplique le collectiviste à bout d'arguments, alors que vos assurances privées se défileront.

La pratique montre que c'est le contraire qui se passe. Les prestations de votre assureur sont définies par contrat une fois pour toutes, alors qu'avec la Sécu c'est un arbitraire quasi fonctionnarial qui règne.

Avec un plafond de dépenses "en cas de coup dur" de 1,5 millions d'euros (dans le cas d'IHI, le meilleur contrat que je connaisse), vous pouvez voir venir. Tandis qu'avec la sinistre SS, c'est le pinaillage perpétuel du bourreaucrate borné qui n'applique que ses grilles préformatées et ne connaît que la logique comptable.

Le dernier exemple en date, proprement scandaleux, est celui de cet enfant né sans yeux (anophtalmie ­bilatérale) pour lequel la Sécu, si solidaire, si prévenante, si maternelle, a refusé de rembourser des implants et a osé mettre en cause un médecin (Aurel en parle aussi).

Faut vous dire Monsieur, que chez ces gens-là, on ne pense pas Monsieur, on ne pense pas..., on aboie ! Bientôt, on mordra l'assujetti qui ose se plaindre. Ainsi va la vie dans le Shiraqistan soviétique.

29.12.04

La tarte à la crème (anti-)américaine

Encore une sottise que vous assènent fréquemment les ignorants : « vous voulez un système 'ultralibéral' à l’américaine à la place de notre bonne vieille, sacro-sainte et chère (oh oui ! qu’elle est chère) Sécu ? ».

Ceux qui veulent quitter la Sécu ont dû essuyer cette apostrophe très souvent. On a beau aimer les films de Laurel et Hardy ou de Charlot, ce genre de tarte à la crème finit par lasser.

Si encore le modèle américain était vraiment libéral ! Mais ce n’est pas le cas. Les salariés n'ont en général pas le choix pour s'assurer, c'est l'employeur qui décide à leur place. Quant aux dizaines de millions de personnes qui ne sont pas assurées (preuve de la faillite de ce système, d'après les collectivistes !), on sait que c’est presque toujours par choix : elles savent qu'elles peuvent compter sur un système d'assurance santé public gratuit (Medicaid), destiné à l'origine aux handicapés. Voir l’étude de David Valancogne, qui est assez critique du système américain. Le seul avantage avec les Etats-Unis est qu’ils sont moins atteints de collectivite aiguë que nous, et qu’ils n’ont pas eu l’idée baroque de construire un mammouth étatique à la française, voir aussi à ce propos l’étude de Chevallier « Yzonpa la CQ » nettement moins critique que celle de David.

J’ai trouvé sur la Page libérale un très bon commentaire de Laurent, répondant à un contradicteur qui lançait ladite tarte à la crème américaine. Le 26 décembre Laurent a écrit ceci :
Votre défense de l'étatisme "à la française" s'inscrit dans la catégorie que j'appellerais "il-est-beau-vot'-libéralisme-regardez-les-Etats-Unis" (l'exemple par excellence de pays libéral, ou, comme chacun sait, 40 millions de gens crèvent la bouche ouverte dans les rues ou dans les couloirs d'hôpitaux!!!).

En introduction, je commencerai donc par rappeler que les Etats-Unis sont loin d'être une société libre. Un ordre de grandeur pour fixer les idées : les dépenses publiques y représentent près de 40% du PIB, un pourcentage certes nettement moins élevé qu'en France (soit environ 55% - et encore, les chiffres sont trafiqués), mais tout de même très important. En particulier, le système de santé est loin être un système libre, et présente en effet de nombreux dysfonctionnements qui sont non pas une conséquence du marché libre, mais des interventions étatiques. Des réglementations coûteuses sur les assurances ou l'exercice de la médecine, des montants délirants accordés en dommages-intérêts pour les patients (donc des assurances RC faramineuses pour les médecins et hôpitaux, des pratiques inefficientes telles que la césarienne systématique pour les accouchements...), Medicare, Medicaid et j'en passe.

Vous critiquez justement les systèmes de type "HMO" aux Etats-Unis (avec généraliste et réseau de soins imposés au patient) mais vous oubliez de dire que 1. ce n'est pas l'unique système qui existe aux Etats-Unis (loin de là) et 2. ce système, apparu il y a une trentaine d'années, est aujourd'hui vivement critiqué et tombe dans le discrédit, puisque les économies réalisées ont été plus que douteuses et qu'une liberté fondamentale a été retirée au patient.

Aujourd'hui, une fois de plus, nous importons ce qu'il y a de pire aux Etats-Unis [HMOs], et prétendons en faire un modèle unique, alors justement que les Etats-Unis s'en détournent (autre importation du pire, à venir : les quotas ethniques et la discrimination positive). On peut donc s'attendre aux effets suivants : pénurie accentuée, "flicage" des médecins et des patients, les riches et les pistonnés trouvant les moyens de "sauter les queues", développement d'un marché noir, incitation supplémentaire à l'expatriation des plus productifs (médecins ou patients).

Vous me citez les "sinistres" du système américain, personnellement, je vois surtout des personnes aisées et des politiciens (ceux-là mêmes qui prêchent le système public et la médecine "à une vitesse") provenant des pays à système de santé étatisé ou quasi-étatisé (UK, Canada, France), allant se faire soigner aux US ou à l'hôpital américain dès que les choses deviennent sérieuses. N'est-ce pas justement un signe de soviétisation avancée du système ? Nous pourrions dire la même chose de l'Education Nationale.

Si vous voulez un système qui se rapproche plus du marché libre, prenez la Suisse (ou seule existe l'obligation de souscrire à un panier minimum d'assurance, un peu comme l'assurance automobile en France). Pour une fraction de ce que me coûte aujourd'hui la "sécu" en France, j'ai pu, lorsque j'étais basé là-bas, souscrire à une assurance "haut de gamme" pour 4 personnes et me permettant de me faire soigner n'importe où en Europe.

Vivement donc l'écroulement de ce monument stalinien qu'est la "sécu", qui aurait pour effet de libérer de nombreuses richesses et représenterait un réel espoir de reprise pour la France. Il suffirait pour cela que quelqu'un ait le courage de faire respecter en France les directives européennes sur la liberté d'assurance.

1.12.04

Un faux argument : les coûts de gestion

Quand vous lui avez montré que le système de la SS ne peut fonctionner, parce que tout le monde est irresponsable et irresponsabilisé, obligé de payer et empêché de consommer, que les seuls qui y gagnent ce sont les syndicats "gestionnaires" qui ont trouvé une bonne vache à lait, avec la complicité des gouvernants, le collectiviste, à bout d'arguments, vous balance que les coûts de fonctionnement de la SS sont infiniment moindres que ceux d'une compagnie privée : 3%, ou 6%, ou 8% (il ne vous donnera jamais le même chiffre), à comparer avec 15% dans le privé.

Comprendra-t-il que :
- 1) un tel argument, je n'en ai rien à fiche, je regarde d'abord ce que moi je paye ;
- 2) l'argument est risible quand on connaît le déficit de la sinistre SS ;
- 3) quand on sait que la SS n'a pas besoin de pub, ne paye pas d'impôts, n'a pas à dégager de bénéfice (!!), on se dit que ce chiffre ne représente rien.

Georges Lane (notre érudit ès-Sécu, dont j'attends impatiemment qu'il publie enfin son livre sur la SS !) en a parlé dans un post passé, évoquant les privilèges dont bénéficient les organismes de la sécurité sociale et dont personne ne parle :
Puisqu'ils ne relèvent pas de l'administration de l'Etat, les organismes de SS devraient voir leurs opérations supporter des impôts ou taxes.
Puisqu'ils n'en supportent pas, ils bénéficient d'un montant de privilèges équivalent. Et pour cette raison - point de vue de l'offre -, toute comparaison entre la gestion des organismes de SS et celle des entreprises d'assurance est absurde.
S'agissant des consommateurs - obligés - de services produits par les organismes de SS que nous sommes, nous ne payons pas de TVA ou autre impôt d'Etat sur les services en question alors que nous en payons sur ceux qui sont produits par les entreprises d'assurance et que nous avons la capacité juridique d'acheter en complément. Pour cette autre raison et de ce point de vue - de la demande -, toute comparaison entre les organismes de SS et les entreprises d'assurance est absurde.
Georges a aussi publié il y a quelque temps une étude sur le vrai coût de l'assurance maladie obligatoire.

Claude Reichman, lui, réfute d'emblée l'argument :
Certains affirment que le coût de gestion de la Sécurité sociale est inférieur à celui des compagnies d'assurance. C'est faux. Le véritable coût de gestion de la Sécurité sociale est constitué non seulement de ses frais de fonctionnement - très excessifs compte tenu de l'effet de volume - mais aussi et surtout des innombrables abus qu'elle autorise. Car la Sécurité sociale n'est rien d'autre, pour reprendre la célèbre formule de Frédéric Bastiat, que "la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde".
C'est un peu comme si des esprits malicieux venaient m'expliquer que sur une merveille technologique de paquebot appelée "Titanic" les concerts sont gratuits, et le champagne vendu à un prix défiant toute concurrence. Je leur dirais : non merci, la perspective du naufrage, même à moindre frais, ne me tente pas !

27.6.04

Idées fausses (en vrac)

Quelques idées fausses qu'on entend ou lit continuellement.

  • la SS fait partie des acquis sociaux chèrement gagnés

    Faux, le monopole de la SS a été imposé en 1945 par le Parti Communiste. Aujourd'hui c'est un (soi-disant) acquis social inefficace et très chèrement payé !

  • vous voulez donc un système ultralibéral comme aux USA ou au Royaume Uni ?

    Faux, ces systèmes ne sont pas libéraux, renseignez-vous. Au Royaume Uni le système est extrêmement étatisé (par exemple on ne peut pas changer de médecin comme on veut). Pour les USA, voir ce qu'en dit David Valancogne.

  • on ne peut pas quitter impunément la sécu, on se met dans une situation très grave.

    Y a-t-il une vie en dehors de la sécu ? Il y a 20 ans les habitants des pays de l'Est se posaient la même question à propos de l'Union Soviétique. Quand un système ne marche pas, il finit tôt ou tard par s’effondrer. Aucun intérêt de rester sur un paquebot qui coule.

  • mais je croyais que le gouvernement faisait une réforme ?

    Il s'agit d'un replâtrage technocratique qui n'empêchera pas le paquebot de continuer à couler. Ils ne sont d'ailleurs pas d'accord entre eux sur la date exacte où se produira le naufrage complet.

  • la santé n'est pas une marchandise, on ne peut pas la laisser au marché

    Continuez dans cette logique et vous nous expliquerez aussi que "la nourriture n'est pas une marchandise" (n'est-elle pas indispensable pour la santé ?). On n'aura alors plus qu'à décréter la nationalisation des boulangeries et de tous les commerces d'alimentation.

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